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pourra, et par ce moyen de plus basse loy et de plus foible poix que lesd, fermiers, en esperance de faire menue monnoye, selon que porte led. bail.
"Lesd, fermiers, selon que porte led. bail, peuvent commectre officiers, ou cas qu'il en vienne à deceder, cela semble estre ung peu trop dangereulx, soubz meilleur adviz, et oster la liberté qui tousjours a esté aux villes de commectre lesd, officiers esd. Monnoyes, suivant les eedictz du Roy, affin d'avoir tousjours gens de bien officiers esd. Monnoyes. Et oultre permectant que lesd, fermiers puissent oster et mectre les ouvriers et monnoyeurs, et renvoyer d'une Monnoye à l'aultre, cela est pernicieulx et dangereulx, car il y a beaucoup de gens d'honneur des villes, ouvriers et monnoyeurs, qui seront par ce moyen tousjours a la mercy desd, fermiers d'estre envoyez demourer es autres villes, ou bien ilz seront en danger de perdre leurs previlleges; requierent lesd, marchans avoir esgard à cest article, lant pour la provision des officiers desd. Monnoyes que l'auc-torité desd, fermiers pretendent avoir pour ruiner lesd, ouvriers et monnoyeurs.
"ll y a autres articles aud. bail concernant le faict des délivrances des bouettes, que lesd, marchans re-meclent aux personnes qui le peuvent entendre mieulx qu'ilz ne peuvent faire, parce que ce n'est leur vaccation.
"Et quant ad ce qui est dict que lesd, fermiers pourront fondre toutes sortes d'espèces pour con­vertir es especes de ce royaulme, semble, soubz meilleur adviz, que c'est une ouverture faicte pour fondre toutes les especes qui seront poisantes, prin­cipallement celles d'argent que l'on ne s'amuze point à peser, et laisser les légères pour les bourses du peuple, au moings pour celles qui auront cours.
"Et pour le regard de ce qu'il est dict que le Roy ny lesd, fermiers ne peuvent faire leur prouffict sans faire garder l'ordonnance de l'an mil cinq censsoixante ung'1), et que les transgresseurs des ordonnances seront condamnez es amendes qui appartiendront aux fermiers, ensemble les confiscations, si aulcunes en viennent, dient lesd, marchans qu'ilz supplient tres humblement le Roy avoir esgard que depuis deux ans ses subjectz sont entrez en une grande perte pour l'observation du poix des especes qui a esté si exactement gardé, comme elle est encores de present, de sorte que ung chascun s'en resent • encores, et se trouvent tousjours quelques especes
DU BUREAU                                               [i565]
légères, lesquelles portent ung grand dommaige à ung chascun, qui est contrainct les mectre au billon, et supplient le Roy considerer quel dommaige ce a esté pour ses pauvres subjectz; il est vray que c'est une chose bonne et louable, et qu'il est necessité que soit observée, n'estant permis à aulcune per­sonne allouer aulcune espece d'or légère.
n Mais maintenant que l'on est encores à se resentir de ceste perte des pieces légères, l'on vienne tout à ung coup commectre des fermiers entre le peuple pour avec leur mal les muller d'amendes, pour avoir peult estre alloué quelque espece d'or ou d'argent à plus hault pris que l'ordonnance, semble cela si rigoureulx que l'on ne se doibt espargner à essayer à moderer les choses, et que tant de perte ne vienne à la foys sur tout le peuple.
ct Joinct l'année en laquelle nous sommes main­tenant, qui est telle que, au lieu que, le temps passé, tous noz voisins nous apportoient argent pour en­lever noz fruictz, par le moien desquelz l'on tiroit grandes sommes de deniers, qui est cause que l'on a tousjours faict estat en ce royaulme de bailler la loy à noz voisins par le moyen de la grande recolte des fruictz qui est trouvée en quelques années, au lieu de ce nous sommes quasy contrainctz de en demander à noz voisins, tellement quc, après avoir porté la perte desd, especes légères, sy l'on venoit, estant la grande rarité du bled qui est en France, faire tenir quelque rigueur au peuple pour lesd, monnoyes, cela les acheveroit du tout de ruyner.
"Quant aux orphebvres, jeaulyers, changeurs et affineurs, cela ne les touche en riens, ce leur semble, sinon qu'ilz sçavent bien que beaucoup d'estrangers acheptent beaucoup de manifacture d'orphebverye, dont vient deniers des fassons; par ce moyen sera besoing y adviser pour la négociation du jeaulier et orphebvre, mais pour le surplus, leur semble qu'ilz s'en doibvent depporler.
«Et sur le transport des deniers dont est parlé aud. bail, chascun sçait assez qu'il n'entre or ny argent en ce royaulme que par le moien du traffic de marchandise, lesquelz ilz voyent maintenant defa-vorizer si fort que lesd, marchans ne sçavent à qui avoir recours, et sont travaillez jusques à voulloir envoyer fouiller en leurs maisons, suivant la pu­blication dernierement faicte. Et oultre est dict par led. bail que, quant on leur envoyera ou envoyeront quelques marchandises, l'on pourra fouillier et faire
O II s'agit de la déclaration du 17 août 1561, portant règlement pour le prix et cours des monnaies.